France: Plusieurs milliers de personnes rassemblées en France contre la proposition de loi « sécurité globale »

France: Plusieurs milliers de personnes rassemblées en France contre la proposition de loi « sécurité globale »

L’article 24 du texte, adopté par l’Assemblée vendredi, concentre de très vives critiques, notamment de la part des journalistes, qui y voient de potentielles atteintes à la liberté d’informer.

« Même pas drone », « floutage de gueule ». Plusieurs rassemblements ont eu lieu, samedi 21 novembre, en France contre la proposition de loi dite de « sécurité globale » dont l’un des articles concentre de très vives critiques de la part des journalistes français, qui y voient un risque d’entrave à la liberté d’informer. La vingtaine de manifestations organisées en France ont réuni quelque 22 000 personnes, dont 7 000 à Paris, 2 000 à Marseille et 1 300 à Montpellier, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès de la préfecture de police de Paris et de source policière.

L’article 24, adopté par l’Assemblée nationale vendredi soir, prévoit de punir « d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende » le fait de diffuser des images non floutées d’un policier ou d’un militaire « dans le but manifeste qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique », et crée par la même occasion un nouveau délit dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse.A Paris, un rassemblement a démarré à 14 h 30 sur la place du Trocadéro à l’appel de syndicats de journalistes, de sociétés de rédacteurs, dont celle du Monde, et des associations Ligue des droits de l’homme et Amnesty France. Plusieurs milliers de personnes se sont réunies sous un franc soleil, scandant « Tout le monde veut filmer la police ». « Policiers floutés, justice aveugle », pouvait-on lire sur une pancarte, tandis qu’une autre promettait : « On baissera nos téléphones portables quand vous baisserez vos armes. »

Clémence, 30 ans et consultante, est venue manifester seule contre cette proposition de loi qui la révolte : « J’ai l’impression que Macron détricote les droits. » Elle précise manifester peu souvent, même si elle était au rassemblement du 13 juin contre les violences policières, organisé par le comité Adama, place de la République à Paris. « On est dans un déséquilibre entre la police et les journalistes, alors qu’il faut donner à voir », estime-t-elle. « On est dans un mouvement de restriction des libertés. C’est vrai sous Macron, mais ça l’était aussi au moment de la loi travail » sous le quinquennat de François Hollande.

Annie et Guy, la soixantaine, sont venus au rassemblement parisien avec leur fille, Flore, la trentaine. Tous ont un masque à motifs floraux : « On est contre cette loi dont on ne comprend pas trop le principe. Elle est passée en catimini, avec un vote ridicule, en plein confinement. » Guy, qui n’a entendu parler de ce rassemblement que tardivement, ajoute : « Cette loi peut être utilisée de manière dangereuse par un autre gouvernement. »

Alors que la foule commençait à quitter le Trocadéro, peu après 17 heures, quelques manifestants ont lancé des projectiles en direction des forces de l’ordre qui ont fait usage d’un canon à eau, a constaté notre journaliste Pierre Bouvier.

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